Le mot « historique » est employé avec parcimonie par les services de secours belges. Il a été utilisé cette semaine. Face à un incendie d'une ampleur inédite pour le pays, la Belgique compte sur un soutien aérien européen jugé décisif — c'est-à-dire sur des moyens qu'elle ne possède pas à cette échelle.
Un pays peu équipé pour un risque qui remonte vers le nord
La logique est simple et inquiétante. Les flottes de bombardiers d'eau se sont historiquement concentrées dans les pays méditerranéens, là où le risque était installé. Le déplacement du risque vers le nord de l'Europe expose des États qui n'ont ni la doctrine, ni les appareils, ni l'entraînement correspondants. La mutualisation européenne comble ce trou — à condition qu'elle ne soit pas sollicitée partout en même temps.
Le mécanisme fonctionne tant que les pays ne brûlent pas simultanément. C'est exactement l'hypothèse qui devient probable.
Ce que la France y observe
La séquence n'est pas sans écho de ce côté-ci de la frontière, où la colère des sapeurs-pompiers a précisément pour toile de fond la question des moyens face à des saisons de feux qui s'allongent. Sept parlementaires ont été missionnés pour proposer de nouvelles mesures d'ici le 21 septembre ; le cas belge fournira, malgré lui, une partie du matériau.
Ailleurs dans le monde
- L'ouragan Lala s'éloigne d'Hawaï après plusieurs jours de vigilance renforcée.
- La saison cyclonique et la saison des feux se chevauchent désormais sur plusieurs continents, mobilisant les mêmes ressources de secours internationales.
Une chose est acquise : la question posée à Bruxelles cette semaine — qui envoie quoi, et en combien d'heures — sera posée à un autre pays européen avant la fin de la saison.